top of page

JIMMY EDMUNDS PARLE DE SON COMBAT POUR SON FILS ET EXPLIQUE SON PROJET DE PERPÉTUER SON SOUVENIR

- Pourquoi avoir voulu porter dans la lumière votre histoire ?

Jimmy Edmunds : Pour faire connaître mon fils, parler de lui et partager l’histoire exceptionnelle que nous avons eue ensemble.

- Ce témoignage est un soulagement ou une manière indirecte de rendre justice à votre fils ?

J.E : De lui rendre justice et qu’il soit toujours avec moi.

- Qui était Norman ? Qu’avait-il de si particulier ?

J.E : Quelqu’un d’exceptionnel, avec une intelligence qui était au-dessus de celle des personnes sans handicap. Norman était quelqu’un de pur comme on en compte rarement, qui ne laissait personne indifférent. Même pour les éducateurs, il avait quelque chose que les autres n’ont pas. Il a marqué tous les gens qu’il a connus par ce qu’il dégageait.

- Avait-il conscience de son état ? Avait-il compris qu’il était différent ?

J.E : Je ne le pense pas.

- Comment expliquez-vous la relation complice et fusionnelle que vous aviez tous les deux ? 

J.E : On ne peut pas l’expliquer. Norman, c’est moi. Nous n’étions pas deux, mais un. Tout était naturel entre nous.  Avec lui, je n’avais peur de rien. Son handicap n’a jamais été un frein.

- Il connaissait des moments de crise. Comment les avez-vous gérés ?

J.E : En fonction de leur intensité. Par moment, elles pouvaient être violentes. Je faisais alors en sorte qu’il ne convulse pas trop. J’arrivais à le maîtriser et à ce qu’il retrouve son calme.

- En voulez-vous au corps médical de ne pas avoir décelé à temps son encéphalite ?

J.E : Je leur en ai voulu oui, mais maintenant, ce sentiment est passé. Je suis plus philosophique. Je me dis que peut-être, s’il n’avait pas eu cette maladie, les choses auraient été complètement différentes. Norman n’était pas là par hasard.

 

- Comment expliquez-vous la relation complice et fusionnelle que vous aviez tous les deux ? 

J.E : Par la volonté et la détermination d’y arriver et de me battre. Par Norman qui est toujours là et qui continue de m’aider dans tout ce que j’entreprends. Par les personnes que j’ai rencontrées et qui m’ont soutenues.

- Qu’avez-vous envie de dire aux administrations françaises ?

J.E : Qu’elles sont trop lourdes.

- Ce qui explique l’engouement pour la Belgique des familles désemparées ?

J.E : Bien sûr et parce qu’il n’y a pas d’autre choix non plus. Des milliers d’enfants en France restent chez eux, faute d’établissements. La Belgique est cet eldorado recherché.

- Vous n’avez pas souhaité y placer Norman ?

J.E : On m’a proposé un établissement, mais il n’était pas assez adapté et les dispositifs de sécurité faisaient défaut. Norman n’étant pas autonome et mutique, cela ne me rassurait aucunement. J’aurai craint tout le temps qu’il lui arrive quelque chose. J’ai fini par en trouver un à Lyon.

- C’est la difficulté à trouver un établissement qui vous a motivé à ouvrir un centre spécialisé non médicalisé ?

J.E : Oui. Je souhaite accueillir une trentaine de résidants autistes, épileptiques, mobiles et non violents, à partir de 15 ans.

- Quelles vont être les principales actions menées par ce centre ? Quand, idéalement, pensez-vous en ouvrir les portes ?

J.E : L’apprentissage par des activités ludiques et sportives, des ateliers d’art plastique… pour permettre aux enfants de se développer. En 2023. Toutes les énergies sont déployées et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.

- Serait-ce une bouteille à la mer de lancée ?

J.E : Toute association a besoin pour avancer, mener à bien ses ambitions et ses projets, de soutiens financiers, que ce soit par l’entremise d’aides, de dons et de subventions. Alors, à bon entendeur 

- On vous sent investi d’une mission. La création de « La maison de Norman » est-elle votre sacerdoce ?

J.E : A travers elle, c’est faire perdurer le souvenir de Norman, faire connaître qui il était et c’est apporter ma pierre à l’édifice en aidant 30 familles se retrouvant dans la situation dans laquelle j’ai été.

 

- Que peut-on vous souhaiter ?

J.E : D’y arriver ! Norman m’a ouvert le chemin.

Capture d’écran 2022-08-14 à 11.47.07.png
bottom of page